Varda / Cuba au Centre Pompidou

Varda / Cuba

11 novembre 2015 - 1er février 2016 de 11h00 à 21h00

Galerie de photographies - Centre Pompidou, Paris Entrée libre dans la limite des places disponibles

Rencontres & Dédicaces :
- Vendredi 13 novembre de 17h30 à 18h30 : Librairie Flammarion du Centre Pompidou https://www.librairieflammarion.fr/... https://www.facebook.com/Librairie-...

- Samedi 14 novembre à 16h : ANNULÉE Editions Barral, Paris Photo, stand EE8

- Lundi 16 novembre de 17h30 à 19h : Potemkine, 30 rue Beaurepaire, Paris 10e https://www.facebook.com/events/107... La vidéo de l’événement : https://vimeo.com/146237696

- Dimanche 13 décembre de 16h à 18h : Librairie La Petite Lumière, rue Boulard, Paris 14e

Séances présentées par Agnès Varda :
- 11 DÉCEMBRE, 20H, CINÉMA 2 Une minute pour une image, l’album imaginaire d’Agnès Varda #1 (1982, 24’ environ), Agnès de ci de là Varda (2011, extrait), Ulysse (1982, 22’) et Salut les Cubains (1963, 30’), d’Agnès Varda.

- 12 DÉCEMBRE, 20H, CINÉMA 2 Une minute pour une image, l’album imaginaire de Christian Caujolle (1982, 19’ environ), et De cierta manera, de Sara Gómez, achevé par Tomás Gutiérrez Alea, Julio García Espinosa, Tomas Gonzalez Perez (1977, 78’).

- 19 DÉCEMBRE, 20H, CINÉMA 2 Une minute pour une image, l’album imaginaire de Sarah Moon (1982, 15’ environ), Salut les Cubains, d’Agnès Varda (1963, 30’) et Chronique de ma famille, de Sara Gómez (1966, 14’).

Retrouvez le programme en détail dans le dépliant disponible gratuitement et sur www.centrepompidou.fr/cpv/resource/...

Fin 1962, Agnès Varda est à Cuba. Cela fait quatre ans que Fidel Castro et son Movimiento 26 de Julio ont renversé le dictateur pro-américain Fulgencio Batista. Après le débarquement avorté dans la baie des Cochons, la mise en place de l’embargo économique et la crise des missiles, la tension avec les États-Unis est à son paroxysme. En octobre 1962, les photographies prises par un avion de reconnaissance américain révèlent que les Soviétiques construisent sur l’île des rampes de lancement d’ogives nucléaires. Seules d’intenses négociations internationales permettront alors d’éviter que ce soudain « réchauffement » de la guerre froide en plein coeur des Caraïbes ne déclenche un nouveau conflit mondial.

Peu après cet événement, en décembre 1962, Agnès Varda arrive à La Havane. Son périple s’inscrit dans la tradition des voyages d’artistes et d’intellectuels français à Cuba. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gérard Philipe ou Chris Marker y sont déjà allés ; Henri Cartier-Bresson et René Burri sont là en même temps qu’elle ; Michel Leiris, Marguerite Duras et quelques autres y séjourneront bientôt. Dans l’île caribéenne, Varda est fascinée par l’élan de mobilisation populaire que permet la révolution. Mais elle est loin d’être naïve et demeure critique face aux impasses et aux contradictions du régime. Dans l’une de ses images, Castro apparaît comme un colosse aux ailes de pierre. À La Havane et dans ses environs, elle découvre un étonnant cocktail de politique omniprésente et de sensualité débridée. Cuba représente à ses yeux la rencontre inédite « du socialisme et du cha-cha-cha ». Sur place, Varda réalise des milliers de photographies. Elle fixe la démarche chaloupée des Cubaines, la coupe de la canne à sucre, les danses de rue improvisées et les discours interminables du Líder Máximo devant une foule conquise. Ses images jouent avec la composition, la profondeur de champ et les premiers plans. Elles ont la qualité d’un regard aigu mais toujours en mouvement. De retour à Paris, la cinéaste filme ses photographies au banc-titre. Mises en séquences, les images fixes se trouvent ainsi réanimées au rythme des congas et d’un texte lu par Michel Piccoli et Varda elle-même. D’une durée de trente minutes, le film sort en mai 1964. Il porte le titre Salut les Cubains, en référence au magazine phare des yé-yé, Salut les copains, créé deux ans plus tôt. Il sera couronné d’une médaille de bronze au festival du film documentaire de Venise.

L’exposition du Centre Pompidou révèle pour la première fois au public les étonnantes photographies réalisées par Varda à Cuba et récemment entrées dans les collections du musée. En les mettant en dialogue avec le film, diffusé en boucle dans l’espace d’exposition, le projet recrée entre images fixes et images animées une tension qui est au coeur de l’oeuvre d’Agnès Varda.

At the end of 1962, Agnès Varda was in Cuba. Four years previously, Fidel Castro and his Movimiento 26 de Julio had toppled the pro-American dictator Fulgencio Batista. After the abortive landing in the Bay of Pigs, the imposition of the economic embargo and the missile crisis, tension with the United States was at its height. In October 1962, photographs taken by an American reconnaissance plane had revealed that the Soviets were building nuclear warheads on the island’s launch pads. Only intense international negotiations prevented this sudden « warm-up » in the Cold War in the heart of the Caribbean from triggering another world war. Shortly after this event, in December 1962, Agnès Varda arrived in Havana, on the traditional trip of French artists and intellectuals to Cuba. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gérard Philipe and Chris Marker had already been there ; Henri Cartier-Bresson and René Burri were there at the same time as she was ; Michel Leiris, Marguerite Duras and several others would soon make their appearance. In this Caribbean island, Varda was fascinated by the momentum of popular mobilisation that had made revolution possible. But she was far from naïve, and remained critical of the blind alleys and contradictions of the regime. One of her pictures makes Castro look like a colossus with wings of stone. In Havana and its surrounding area, she discovered an astonishing mixture of omnipresent politics and unbridled sensuality. In her view, Cuba represented the first-ever meeting « of socialism and cha-cha-cha ». She took thousands of photographs, capturing the nonchalant gait of Cuban women, sugarcane cutting, improvised street dances and the Máximo Líder’s interminable speeches to adoring crowds. Her pictures make skilful play between composition, depth of field and foreground, and evince the quality of an eye both sharp and constantly in movement.

On her return to Paris, the film director filmed her photographs on the caption stand. Compiled as sequences, the fixed images are thus brought to life again, to the rhythm of congas and a text read by Michel Piccoli and Varda herself. The 30-minute film, released in May 1964, was entitled Salut les Cubains, echoing the flagship Yé-yé magazine Salut les copains created two years earlier. It was awarded a bronze metal medal at the Venice documentary film festival. For the first time, the Centre Pompidou exhibition enables visitors to see the astonishing photographs taken by Varda in Cuba, which recently entered the museum’s collection. By placing them in dialogue with the film, screened in a loop in the exhibition area, the project recreates the tension between the fixed and moving image which is central to Agnès Varda’s work.

Commissaires : Mnam/Cci, C.Cheroux, K.Lewandowska